Aug
12

Saul Bass, Homme de l’Ombre


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Vous avez tous déjà vu son art : ses affiches de cinéma, ses génériques d’un esthétisme minimaliste tellement recherchés, et pourtant personne ne le connait réellement. Il a collaboré avec les plus grands : les Hitchcock, les Scorsese, les Kubrick, tous ont fait appel à son génie pour qu’il ajoute un peu de son talent dans leur chef d’oeuvre. A tel point que Martin Scorsese a dit de lui :

« Ses génériques ne sont pas de simples étiquettes sans imagination – comme c’est le cas dans de nombreux films – bien plus, ils font partie intégrante du film en tant que tel. Quand son travail apparaît à l’écran, le film lui-même commence vraiment. »

Quel hommage…

Saul Bass est un Juif Américain, né dans le Bronx en 1920. Dès son plus jeune âge, sa passion pour le dessin émerge, il prend des cours à l’Art Student League, puis au Brooklyn College avant de découvrir le 7e art à travers différents stages dans des studios de Los Angeles. Dès son arrivée sur la côte Ouest, l’histoire de Saul Bass se confond définitivement avec celle d’Hollywood : il fait la rencontre de Charlie Chaplin avant de créer des campagnes de publicité pour des films de Mankiewickz, des productions d’Howard Hugues (qui lui donne des rendez-vous délirants dans Los Angeles à toute heure du jour et de la nuit). Elaine Makatura est engagée pour l’assister en 1956, avant de l’épouser en 1961 et de signer de nombreuses réalisations graphiques avec son mari. Saul Bass devient la coqueluche des cinéastes exigeants, surtout des réalisateurs européens établis à Hollywood et des fortes têtes (Otto Preminger, Billy Wilder, Stanley Kubrick…). 

Ses créations d’affiches et de génériques révolutionnaires ont souvent beaucoup mieux vieilli que les films eux-mêmes. Normal : Saul Bass a des années d’avance sur tous ses concurrents et même les cinéastes pour lesquels il travaille. C’est lui qui dessine les cultissimes affiches de Vertigo (Hitchcock), de L’Homme au bras d’or et d’Anatomie d’un meurtre (ces deux affiches pour Otto Preminger — pour lequel il dessine pas moins de 13 affiches !). Le style de Saul Bass est reconnaissable entre mille. L’utilisation des lettres et de la typographie est omniprésente — et devient un personnage à part entière —, de même que les papiers découpés (héritage incontestable de Matisse) et les formes simplifiées à l’extrême.

Enfin, il maîtrise à merveille l’espace négatif, le plus bel exemple de cette figuration par défaut étant l’affiche du film Bunny Lake is missing. C’est Martin Scorsese qui confie à Saul Bass ses derniers travaux au cinéma (avec Elaine, génériques pour Les AffranchisLe Temps de l’InnocenceLes Nerfs à vifCasino). Le tout dernier, le générique de Casino, est peut-être sa plus grande création, un chef-d’œuvre psychédélique, cruel et lyrique, sans équivalent dans l’histoire de l’image animée.

L’équipe de C’Est Une Ketouba est F A N de Saul Bass, à tel point que nos Ketoubot d’inspirations S. Bass ne vont pas tarder à débarquer. Si vous aussi vous aimez le génie de ce visionnaire, n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil régulièrement sur notre site afin de voir arriver en premier ces Ketoubot minimalistes et intelligentes.

En espérant Ketouba bien,

Votre chroniqueur Ketoubonement fou, Tom A.



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